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DINARD Le 13e Festival de musique classique de la Côte d'Émeraude

Kun Woo-paik jouit d'une réputation de compositeur intemporel.
(DR)
 
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Jean-Marie Tasset
[20 août 2002]

Eclectisme et émotion ! Le 13e Festival de musique classique de Dinard Côte d'Emeraude, mené de main de maître par son directeur artistique, le pianiste coréen Kun Woo-paik, s'achèvera le 24 août prochain.

Un tour d'horizon des musiques de piano en dix concerts, tel est le défi des artistes internationaux qui rendaient un poignant hommage au fondateur de ce Festival, Stéphan Bouttet, foudroyé par une crise cardiaque à l'âge de 36 ans, en 1990. Instants d'éternité où surgissent, sous les doigts de Cyprien Katsaris, douze Pièces lyriques de Grieg ; le Supplément aux années de pèlerinage de Liszt par Boris Berezovsky ; Porgy and Bess de Gershwin ou Jazz Sonata de Antheil par Jay Gottlieb ; les sonates Waldstein et Hammerklavier de Beethoven par John Lill ; La Boîte à musique de Sancan, Le Chien dressé de Turina, Poissons d'or de Debussy par Erik Wickstrom ; 10 Pièces de Prokofiev, la Sonate op. 75 en mi mineur de Glazounov, L'Oiseau de feu de Stravinski par Enrico Pace ; La Fantaisie en ré mineur de Mozart, quatre Mazurkas de Chopin, la Valse de Ravel, des extraits du Catalogue d'oiseaux par Roger Muraro.

Comme chaque année de jeunes musiciens se sont produits au Festival de Dinard : Adrien Frasse-Sombet, violoncelliste, Henri Bonamy, pianiste et Stéphanie Moraly, violoniste avant de clore cette saison avec la soprano Nora Gubisch, le violoniste Laurent Korcia qu'accompagnera l'Orchestre de Bretagne, sous la baguette de Stefan Sanderling, pour un concert gratuit le 24 août dans le parc de Port-Breton.

Mais le moment le plus attendu fut la soirée du 13 août, où Kun Woo-paik accompagné du Quatuor Gaudeamus, interpréta Nocturne n° 1 pour piano, Après un rêve, ainsi que le Quatuor n° 2 en sol mineur, le Quintette n° 2 en do mineur et Clair de lune de Gabriel Fauré. Avec beaucoup de finesse et de subtilité, Paik nous a fait redécouvrir un compositeur injustement oublié ou mal compris. Fauré (1845-1924) n'a pas eu de chance : il naît 17 ans avant Debussy, 30 avant Ravel. L'interprétation de Paik a les impudeurs d'une confidence et nous montre bien que si Fauré ne peut se comparer ni au Debussy scandaleux de Pelléas et Mélisande, ni à l'audacieux Ravel des Histoires naturelles, il fait partie de cette grande constellation de la musique française moderne. Musicien de la continuité du XIXe siècle, il ignora les soubresauts de l'esthétique contemporaine. D'où sa réputation de compositeur intemporel. Kun Woo-paik, par son exécution, illumina les textes de Fauré et prouva que si la musique est parfois fille de son temps, la sensibilité, elle, est éternelle.

Tél. : 02.99.46.94.12


 




 


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